Le Benelux est réputé être le champion européen du recyclage. Et c’est vrai : sur le papier, la Belgique et les Pays-Bas dépassent déjà largement les objectifs de la PPWR. Mais derrière cette belle moyenne se cache une réalité plus nuancée, car tous les flux de matériaux ne sont pas aussi performants. Où se situe la différence ? Et que signifie concrètement le taux de recyclage pour vos emballages dans le cadre de la nouvelle législation PPWR ? Nous vous présentons les chiffres, les pièges et les étapes concrètes.
1. Qu’est-ce que le taux de recyclage d’un emballage ?
Le taux de recyclage indique quelle part des déchets d’emballages mis sur le marché est effectivement recyclée. Cela semble simple, mais une nuance importante s’impose : collecter n’est pas recycler.
Un emballage peut parfaitement atterrir dans le bon sac et pourtant ne jamais devenir une nouvelle matière première. Par exemple parce qu’il est trop souillé, ou parce que la machine de tri ne parvient pas à séparer les couches de matériaux. C’est pourquoi il vaut la peine de bien distinguer trois notions :
- Taux de collecte → la quantité correctement présentée et collectée.
- Circularité → la quantité de matière qui reste dans la chaîne, y compris via le tri post-collecte.
- Recyclage matière → la quantité réellement refondue ou réduite en pulpe pour devenir une nouvelle matière première.
C’est ce dernier chiffre que vise la PPWR. Et c’est précisément là que la différence entre matériaux devient douloureusement visible.
Vous voulez comprendre l’ensemble du tableau PPWR, avec tous les changements, les échéances et les étapes concrètes vers 2030 ?
2. Le taux de recyclage au Benelux : les chiffres
Commençons par la bonne nouvelle. Selon les chiffres les plus récents d’Eurostat, la Belgique recycle 79,7 % de l’ensemble de ses déchets d’emballages, ce qui la place au premier rang de l’UE. Les Pays-Bas suivent de près avec 75,8 %, à la deuxième place. Les deux pays se situent donc bien au-dessus de l’objectif minimal de la PPWR, fixé à 70 % d’ici 2030.
Mais ce chiffre global est une moyenne sur l’ensemble des matériaux. Dès que l’on regarde flux par flux, un tout autre tableau se dessine :
| Flux de matériaux | Belgique | Pays-Bas | Objectif PPWR 2030 |
|---|---|---|---|
| Tous les déchets d’emballages | 79,7% | 75,8% | 70% |
| Papier et carton | 85–90% | 85–90% | 70% |
| Plastique ménager | 74,1% | 50% | 55% |
Le papier et le carton se maintiennent depuis des années de manière stable entre 85 et 90 % dans les deux pays. Il s’agit d’un flux circulaire mature et performant, qui répond déjà aujourd’hui à ce que la PPWR exigera bientôt.
Le plastique ménager, c’est une autre histoire. Là aussi, la Belgique est en tête en Europe (source : Fost Plus) avec près de 74,1 % d’emballages plastiques recyclés, contre une moyenne européenne de 42,1 %.
que ‘le Nouveau Sac Bleu’ a fait grimper le taux de recyclage du plastique ménager en Belgique de 52 % à 61 % ? Depuis que les barquettes de beurre, les films et les pots de yaourt y sont également admis, beaucoup moins de plastique finit dans les déchets résiduels. Pourtant, chaque habitant jette encore quelque 14 à 15 kg de plastique recyclable dans le sac gris — et en Belgique, cela part à 100 % à l’incinérateur, car la mise en décharge est interdite depuis longtemps.
► Le paradoxe néerlandais
Aux Pays-Bas, la situation est subtilement différente. Grâce à un tri post-collecte avancé, une grande quantité de plastique est récupérée « en coulisses », soit une circularité de 81 %. Mais si l’on regarde uniquement la refonte en nouvelle matière première de haute qualité, le compteur reste bloqué à 50 %. Plus de la moitié est malgré tout incinérée, souvent parce que le plastique trié après collecte est trop souillé pour une réutilisation de qualité.
La leçon ? Un taux élevé de collecte ou de circularité ne dit pas grand-chose si la matière n’est ensuite pas utilisable. C’est précisément pour cela que la PPWR place la barre au niveau du résultat final.
3. Qu’exige la PPWR en matière de taux de recyclage ?
La PPWR (Packaging and Packaging Waste Regulation) déplace l’accent de la collecte vers une conception démontrablement recyclable. Concrètement, trois éléments vous attendent.
► Un seuil minimal de 70 % de recyclabilité dès 2030
La recyclabilité devient une condition de base pour mettre des emballages sur le marché de l’UE. Chaque emballage est évalué selon le design for recycling européen et classé dans un recycling performance grade. Les emballages qui n’atteignent pas le seuil de 70 % (classe E) seront interdits sur le marché de l’UE à partir de 2030. Et ce seuil sera ensuite encore renforcé.
► Des pourcentages de PCR obligatoires pour le plastique
Pour les emballages plastiques, en plus des exigences de recyclabilité, des pourcentages minimaux contraignants de matière recyclée post-consommation (PCR) entreront en vigueur le 1er janvier 2030 :
- Emballages PET sensibles au contact : au moins 30 % de PCR.
- Emballages non-PET sensibles au contact : au moins 10 % de PCR.
- Bouteilles en plastique à usage unique : au moins 30 % de PCR.
- Autres emballages plastiques : au moins 35 % de PCR.
En 2040, ces pourcentages augmenteront fortement. Détail important : la matière recyclée issue de processus industriels (PIR) ne compte pas pour ces quotas, car elle n’entre jamais dans la chaîne de consommation.
► Une contribution plus faible pour une meilleure recyclabilité
Il y a aussi une incitation financière dans l’histoire. Plus la recyclabilité de votre emballage est élevée, plus la contribution que vous versez à des organismes comme Fost Plus ou le Fonds des déchets est faible. Investir dans une meilleure conception se rentabilise donc en partie.
4. Pourquoi le plastique reste-t-il difficile à recycler ?
Si le Benelux obtient déjà de si bons résultats, pourquoi une part importante du plastique reste-t-elle difficile à recycler ?
► Emballages multicouches
Les emballages composés de plusieurs fines couches de plastique, ou de plastique combiné à de l’aluminium, ne peuvent pas être séparés par les machines de tri. Ils quittent la chaîne et partent à l’incinération. Ce même principe vaut d’ailleurs pour le carton : du ruban adhésif plastique ou une pochette porte-documents en plastique sur une boîte en carton entrave le recyclage du flux principal.
► Contamination
Des restes de nourriture, de graisse ou d’humidité rendent un emballage impropre à un recyclage de qualité. C’est exactement pourquoi le plastique trié après collecte aux Pays-Bas est souvent malgré tout incinéré.
► Un mauvais tri
Même un matériau parfaitement recyclable est perdu s’il atterrit dans le mauvais sac. C’est pourquoi la PPWR imposera dès 2028 des labels de tri européens uniformes sur tous les emballages, afin que les consommateurs et les entreprises voient immédiatement où chaque chose doit aller.
Le schéma est clair : plus l’emballage est complexe, plus le taux de recyclage effectif est faible. Et c’est précisément là que vous, en tant qu’entreprise, pouvez agir vous-même.
La PPWR ne prescrit pas comment vous recyclez, seulement que cela se fasse (neutralité technologique). Aujourd’hui, deux méthodes se complètent:
- Le recyclage mécanique est aujourd’hui la norme : le plastique est trié, lavé, broyé et refondu en granulés pour de nouveaux produits — idéal pour des flux purs et bien séparés.
- Le recyclage chimique décompose le plastique jusqu’au niveau moléculaire, jusqu’aux matières premières de base, et offre ainsi une issue pour les flux difficiles à recycler mécaniquement, comme les emballages multicouches et alimentaires. Pas l’un ou l’autre donc, mais les deux ensemble pour atteindre les objectifs de la PPWR.
5. Comment augmenter vous-même le taux de recyclage de vos emballages
Vous n’avez aucune influence sur les statistiques nationales, mais bien sur ce qui se passe dans votre propre processus d’expédition. Quatre leviers concrets :
- Optez pour le mono-matériau. Un emballage composé d’un seul type de matériau peut être collecté et traité entièrement ensemble. C’est la meilleure pratique pour l’avenir.
- Supprimez les éléments perturbateurs. Du ruban adhésif plastique sur une boîte en carton, ou une pochette porte-documents en plastique : de petits détails ayant un grand impact sur la recyclabilité de l’ensemble.
- Augmentez votre part de PCR. Pour des applications plastiques comme le film étirable ou les pochettes d’expédition, il existe déjà aujourd’hui des variantes contenant de 30 % à 80 % de matière recyclée post-consommation.
- Prévoyez des instructions de tri claires. Des instructions de recyclage directement sur la boîte augmentent les chances que votre emballage atterrisse réellement dans le bon flux.
Vous voulez aller encore plus loin ? Avec le right-sizing, vous ajustez mieux votre emballage à votre produit et évitez le gaspillage de matière et l’espace vide.
► RAJAPACK en pratique : mono-matériau et PCR
Chez RAJAPACK, nous optons délibérément pour le mono-matériau : des emballages composés d’un seul type de matériau, de sorte que tous les résidus peuvent être collectés et traités ensemble. Nous proposons en outre des solutions mono-matériau en plastique recyclé, et nous imprimons depuis un bon moment un QR code général reprenant les instructions de tri par pays sur nos boîtes. Voici un aperçu de l’assortiment avec lequel vous augmentez déjà aujourd’hui votre taux de recyclage :
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Ruban adhésif en papier (kraft) |
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Pochettes porte-documents en papier |
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Film étirable avec part de PCR |
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Pochettes d’expédition avec part de PCR |
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Prêt pour 2030
Le Benelux a beau être en tête en Europe, la PPWR déplace la référence. Non plus « combien collectons-nous ? », mais « combien devient effectivement une nouvelle matière première ? ». Pour le papier et le carton, c’est en grande partie une confirmation de ce qui fonctionne déjà bien. Pour le plastique, il reste un sérieux chemin à parcourir.
La bonne nouvelle : les étapes que vous suivez pour augmenter votre taux de recyclage — mono-matériau, moins d’éléments perturbateurs, plus de PCR — sont exactement les mêmes que celles qui vous mettent en conformité avec la PPWR. Commencer tôt, c’est donc gagner sur les deux tableaux.









